Organisation internationale de la Francophonie
Discours d'Abdou Diouf - Paris, le 1er décembre 2011

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Discours d’Abdou Diouf - Paris, le 1er décembre 2011

Discours prononcé par le Secrétaire général à l’occasion de la Célébration du 50e anniversaire de l’Agence universitaire de la Francophonie

Nous avons toutes les raisons d’être heureux et fiers. Heureux de pouvoir célébrer, ici, à la Cité internationale universitaire de Paris, dans un climat amical et festif, les cinquante ans de l’Agence universitaire de la Francophonie. Fiers, surtout, de constater que lorsque la Francophonie épouse une grande idée, elles triomphent, ensemble, du temps et essaiment sur les cinq continents.

Mais une grande idée ne peut prospérer que grâce aux femmes et aux hommes qui se relaient, étape après étape, pour apporter leur pierre à un édifice en perpétuelle construction. Elles sont trop nombreuses pour que je puisse, ce soir, citer toutes les éminentes personnalités qui ont présidé à la création et au destin de cette institution, mais aussi toutes celles et tous ceux, moins connus, qui l’ont servie avec constance depuis 50 ans. Vous comprendrez donc que toutes mes pensées aillent vers eux en cet instant.

Mesdames et Messieurs,

Il est d’usage, dans ces circonstances, de dresser un bilan et de former des vœux pour l’avenir.

Je ne souscrirai pas à la tradition du bilan, qui tient en un seul chiffre : presque 800 universités membres de l’AUF en 2011 contre 35 en 1961. Vous en conviendrez, un tel essor ne peut être que le signe d’une belle évolution et d’une santé florissante ! Je ne souscrirai pas plus à la tradition des vœux, parce que ce ne sont pas des espoirs qui m’habitent lorsque je pense au futur de l’Agence universitaire de la Francophonie, mais des convictions.

J’ai la conviction, en effet, que l’AUF sera, demain plus qu’aujourd’hui encore, confortée dans ses missions fondamentales, parce que nous avons la preuve, chaque jour davantage, singulièrement en cette période de grandes turbulences, que l’éducation et la formation constituent l’une des armes les plus puissantes pour changer le monde, la preuve que l’éducation et la formation constituent un visa pour la démocratie et la liberté, un accélérateur du développement durable et du progrès social, un vaccin contre les pandémies, un passeport pour le dialogue interculturel.

J’ai la conviction, aussi, que l’AUF sera, demain plus qu’aujourd’hui encore, confortée dans ses spécificités, parce que finira par s’imposer l’idée, dans ce monde désemparé face aux crises, que la vocation de l’université n’est pas de suivre le chemin tracé par les systèmes uniformisants de la globalisation et de la sphère marchande, mais de cheminer là où il n’y pas encore de sillon afin d’explorer d’autres voies dans un esprit de distance critique et d’indépendance.

J’ai la conviction, enfin, que l’AUF, sera, demain plus qu’aujourd’hui encore, confortée dans ses valeurs et sa communauté solidaire, parce que nous sentons bien, au moment où les Etats peinent à réaliser l’intégration régionale ou continentale pourtant nécessaire, que les citoyens du monde se sont emparés des technologies de l’information et de la communication pour tisser de puissants réseaux qui transcendent les rivalités et les inimitiés interétatiques, les unions économiques et politiques, les diversités culturelles et linguistiques. Quel plus beau symbole que l’adhésion à un même réseau, celui de l’AUF, d’universités israéliennes et palestiniennes ?

Ces missions, ces valeurs, cette communauté de l’esprit, fraternelle et solidaire, soudée autour de la langue française, mais largement ouverte aux autres langues et aux autres cultures, cette volonté de contribuer, par la réflexion et l’action au quotidien, à l’émergence d’un humanisme pour le XXIe siècle, irriguent la Francophonie toute entière. Une Francophonie qui a la particularité insigne de pouvoir décliner ses interventions dans une vaste palette d’activités et de territoires grâce à l’OIF, l’AIMF, l’Université Senghor d’Alexandrie, TV5Monde et bien sûr l’AUF, qui constituent, en quelque sorte, les cinq doigts d’une même main appuyée, qui plus est, dans ses mouvements, par l’APF.

C’est tout à la fois une chance et une force parce que cette complémentarité et cette synergie dans l’action sont gage de notre efficacité pour le présent et de notre vitalité pour l’avenir, au service des mêmes idéaux.

C’est pour toutes ces raisons que je suis heureux et fier, ce soir, de pouvoir souhaiter le plus beau de tous les anniversaires au Président de l’AUF, Yvon Fontaine, au Recteur Bernard Cerquiglini qui, pour notre plus grand plaisir, fera bénéficier l’AUF, durant quatre ans encore, de son immense talent et de sa fougue créatrice, ainsi qu’à tous les membres du personnel, qu’ils soient ici présents ou en poste dans d’autres régions.

Heureux anniversaire à vous toutes et à vous tous !

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