Organisation internationale de la Francophonie
Discours de M. Abdou Diouf - Gatineau, 24 mars 2009

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Discours de M. Abdou Diouf - Gatineau, 24 mars 2009

Discours prononcé par le Secrétaire général de la Francophonie à la Chaire Senghor, Université du Québec en Outaouais.

Ai-je besoin de vous dire combien il m’est agréable de procéder à l’installation de la Chaire Senghor dans ce lieu de savoir, sur cette terre québécoise, si accueillante et si engagée dans la défense de cette belle langue que nous avons en partage.

Vous l’aurez aisément deviné, après l’émouvante cérémonie que nous venons de vivre, mon bonheur ne peut que s’intensifier à l’évocation, une fois encore, du nom de celui qui est le parrain de ces Chaires.

Joie et bonheur légitimes, quand on sait que c’est une bonne part de ma vie active qui s’est déroulée à l’ombre tutélaire de cet homme qui fut mon maître et illustre prédécesseur à la tête du Sénégal.

Et comme je l’ai dit tout à l’heure, les circonstances de la vie ont fait de lui l’un des pères fondateurs de la Francophonie, pour le rayonnement de laquelle nous sommes ici réunis.

Oui Mesdames et Messieurs, à la tête de la Francophonie - au risque de me répéter - le hasard, si tant est qu’il existe, m’a, une fois de plus, mis sur les traces de Léopold Sédar Senghor.

Pour l’avoir connu et fréquenté, admiré et servi, je sais que rien ne pourrait lui faire plus plaisir que de voir son nom associé à un lieu d’éducation, tant cet éducateur hors pair savait que c’est là, et en ce domaine du savoir et de la recherche, que se jouent le monde et son devenir.

Poète, homme d’Etat et éducateur, il savait que c’est par l’éducation et le savoir que l’on forge le cœur et l’âme des jeunes pour les pousser à grandir en humanité. Et cela est bel et bien l’une des missions essentielles de la Francophonie.

A cet égard, les Chaires Senghor constituent un instrument d’une grande originalité en ce qu’elles consacrent un enseignement essentiellement axé sur la francophonie, offrant ainsi, à des chercheurs, la possibilité de mieux cerner la pertinence de notre projet qui, faut-il le rappeler, s’inscrit pleinement dans les défis de l’avenir, l’avenir d’un monde dans lequel l’Homme s’inquiète encore et s’interroge toujours. C’est en cela que les Chaires Senghor sont un formidable instrument qui fait de la Francophonie un sujet d’études et de recherches, un outil de réflexion et de formation.

En ce début de troisième millénaire, chacun sait que l’avenir du monde est en jeu. Saisir et repenser l’ordre contemporain dans le champ d’une mondialisation dont l’extrême complexité appelle sans cesse une vigilance permanente, c’est bien là, aussi, une des tâches, une des lourdes tâches de la Francophonie ; et cela nécessite une vision toujours plus claire des enjeux. Les Chaires Senghor peuvent et doivent y aider.

Je souhaite donc longue vie à la Chaire Senghor de l’Université du Québec en Outaouais.

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