Organisation internationale de la Francophonie
Discours de M. Abdou Diouf - Paris, le 12 novembre 2009

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Discours de M. Abdou Diouf - Paris, le 12 novembre 2009

Allocution prononcée par le Secrétaire général de la Francophonie lors de la cérémonie de remise du Prix francophone de la liberté de la Presse RFI-Reporters sans frontières-OIF

Vous retrouver, ici, ce soir, au Centre d’accueil de la presse étrangère, pour la 9e édition du Prix francophone de la liberté de la presse, est un très grand plaisir à maints égards.

C’est en effet pour moi l’occasion de saluer le partenariat fidèle et fécond qui nous lie, chère Geneviève Goetzinger, à Radio France internationale, mais aussi, cher Jean-François Julliard, à Reporters sans frontières.

C’est aussi l’occasion de me réjouir de la confiance que nous ont témoignée Patrick Poivre d’Arvor, Michèle Montas, Sidiki Kaba et Alain Mabanckou. La présence, au sein du nouveau Jury, des éminents et talentueux professionnels que vous êtes, en même temps que votre engagement au service de la liberté d’expression et des droits de l’Homme, confèrent à ce Prix, et par là-même à la Francophonie, une notoriété dont je veux ici vous remercier.

Mais vous me permettrez de dire que ce moment, placé sous le signe de l’amitié, est aussi un moment empreint de gravité.

Car si année après année, nous décernons ce prix, si année après année, les Nations unies nous invitent à célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse, c’est que le droit à une parole libre continue à être bafoué, violé en de trop nombreux endroits du globe.

Chaque jour, des journalistes payent encore de leur liberté, et parfois même de leur vie, le droit d’exercer leur métier.

« La liberté de tout dire, disait Marat, n’a d’ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire. » Alors si nous sommes là ce soir, c’est aussi pour adresser une fin de non recevoir à ceux qui s’obstinent à croire que tuer le messager suffit à dissimuler une réalité, une vérité qui finit toujours par éclater. Si nous sommes là ce soir, c’est pour dire que nous refusons le silence imposé aux plus pauvres, aux plus faibles, aux opprimés.

Si nous sommes là ce soir, c’est pour dire que nous continuerons à lutter aux côtés des journalistes qui se battent, au quotidien, pour un monde plus juste, plus tolérant, plus pacifique.

La Francophonie est plus que jamais déterminée à poursuivre sa mobilisation, sa vigilance, ses actions pour que nos pays disposent de médias forts, libres, indépendants et responsables.

Parce que liberté de la presse et démocratie sont indissociables, parce que, comme le disait Prévert, « Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie ».

Nous continuerons donc à plaider en faveur d’une généralisation de la dépénalisation des délits de presse et d’une meilleure protection des journalistes. Nous continuerons à appuyer l’adoption de législations et de réglementations plus favorables au droit à l’information et à la communication. Nous continuerons à soutenir les instances de régulation membres du Réseau francophone des régulateurs des medias. Nous continuerons à favoriser l’autorégulation et la déontologie des journalistes, singulièrement dans les contextes électoraux, de crise ou de sortie de crise.

Monsieur le Président du Jury, Cher Patrick Poivre d’Arvor,

Vous allez, dans quelques instants, divulguer le nom des deux récipiendaires du Prix 2009. Vous me permettrez, par anticipation, de les féliciter très chaleureusement, tout en formant le vœu qu’ils n’aient de cesse, dans la longue carrière qui les attend et avec le talent que vous leur avez reconnu, de promouvoir les droits de l’Homme, la liberté d’expression et, bien sûr la Francophonie.

Pour ma part, je voudrais, en terminant, vous inviter à faire nôtre, pour le présent et pour l’avenir, cet appel de Voltaire :

« Soutenons la liberté de la presse, c’est la base de toutes les autres libertés, c’est par là qu’on s’éclaire mutuellement. »

Je vous remercie.

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