Organisation internationale de la Francophonie
Discours de M. Abdou Diouf - Paris, le 30 septembre 2010

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Discours de M. Abdou Diouf - Paris, le 30 septembre 2010

Discours prononcé par le Secrétaire général de la Francophonie à la cérémonie officielle de remise de deux ouvrages académiques sur l’action politique de la Francophonie

Je tiens avant tout à vous remercier très chaleureusement, Monsieur le Ministre, d’avoir accepté de nous rassembler aujourd’hui dans votre prestigieuse maison, à l’occasion de la publication de ces deux ouvrages majeurs sur l’action politique de la Francophonie.

Vous avez réagi avec enthousiasme et conviction, ce qui ne me surprend pas de votre part. Vous nous donnez, une fois de plus, une preuve, stimulante pour nous, de votre attachement à la Francophonie, aux valeurs que celle-ci défend, à l’utilité de son action en faveur de la Paix, de la Démocratie et des Droits de l’Homme.

En nous accueillant à l’Élysée le 20 mars dernier à l’occasion du quarantième anniversaire de la création de la Francophonie institutionnelle, le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, nous a adressé un message fort en nous disant la très grande importance qu’il accordait au rôle politique que jouait désormais la Francophonie, à la contribution qu’elle pouvait, qu’elle devait davantage apporter à la consolidation des processus de démocratisation, à la paix et à la stabilité, à une meilleure gouvernance mondiale.

Vous-même, Monsieur le Ministre, avec vos proches collaborateurs et les responsables de votre département, vous nous avez toujours apporté votre soutien, vous avez contribué à améliorer très notablement les relations de travail entre la France et l’OIF, et permis ainsi d’accroître l’efficacité de l’impact de nos politiques en matière de gestion des crises, de renforcement de l’Etat de Droit, de défense des droits de l’Homme, et tout particulièrement dans les deux domaines traités dans les deux ouvrages de référence présentés ici ce soir : la médiation et la facilitation de l’accompagnement des processus électoraux.

Cette année 2010, riche et dense pour la Francophonie, est marquée, et j’y attache personnellement beaucoup d’importance, par le dixième anniversaire de la Déclaration de Bamako, notre texte de référence, notre Charte normative en matière de démocratie, de droits et de libertés. L’adoption de ce texte a été un tournant dans l’histoire de la Francophonie politique et a impulsé un élan décisif dans le développement de nos interventions politiques.

Depuis ma prise de fonction, en m’employant à la mise en œuvre de cette Déclaration, j’ai vite pris la mesure du potentiel politique de la Francophonie, de l’originalité et de la richesse de l’expérience acquise, de la qualité remarquable de l’expertise que nous étions capables de mobiliser.

Malgré le bon travail d’analyse et d’évaluation que nous réalisons au sein de l’OIF, je me suis dit qu’il n’était pas normal que ce potentiel et nos réalisations, soient aussi insuffisamment connus et reconnus, y compris par beaucoup de nos Etats et gouvernements membres. Je me suis dit aussi qu’un travail d’analyse et de réflexion approfondi, un travail de restitution de nos expériences était nécessaire pour mieux nous comprendre nous-mêmes et mieux nous faire comprendre, pour mieux nous confronter aussi aux évolutions du monde.

Aussi, alors que le dixième anniversaire de la Déclaration de Bamako approchait, Jean-Pierre Vettovaglia est venu me voir pour me présenter son projet de réaliser ces deux ouvrages. Je n’ai pas hésité à lui donner mon accord et à lui accorder les moyens nécessaires à la réalisation de son projet. Grâce à lui, nous avons enfin à notre disposition deux œuvres riches, denses, exhaustives et en langue française !, qui sont incontestablement une source de référence et d’inspiration renouvelée par tous ceux qui œuvrent au développement et à l’amélioration de l’action politique de la Francophonie… deux ouvrages dont la qualité et l’utilité ne doivent pas seulement se mesurer à leur poids respectif !

Mon cher Jean-Pierre Vettovaglia,

Tu as parfaitement rempli la mission que je t’avais confiée. Tu as fait preuve de beaucoup de patience et de ténacité pour faire aboutir ce travail complexe et difficile, et je t’adresse ici, devant tous nos amis, mes plus sincères remerciements et mes plus vives félicitations. Tu as su t’appuyer sur la compétence et l’expérience des membres du Comité de pilotage que je tiens également à remercier pour leur dévouement et leur disponibilité. Tu as su, et ce n’était pas là la tâche la plus aisée, mobiliser et rassembler un nombre impressionnant d’éminentes personnalités du monde entier, d’experts de haut niveau, de brillants universitaires dont les contributions éclairent et démontrent la pertinence de la démarche francophone, mais qui, au-delà de cette dimension, ont contribué à forger une véritable vision francophone des relations internationales, des évolutions des processus de démocratisation et des nouveaux défis liés aux crises et aux conflits auxquels nous devons répondre.

C’est à ces personnalités, à ces experts, qui nous accompagnent en permanence, à leur talent, à leur disponibilité pour la Francophonie, que je tiens à rendre un hommage appuyé. Sans eux le travail de médiation et de facilitation que nous effectuons, que nous avons notablement amplifié ces dernières années, et qui est désormais internationalement reconnu, n’aurait pas existé.

Sans eux, les actions, de plus en plus nécessaires, et pour lesquelles la Francophonie est de plus en plus sollicitée en matière d’accompagnement des processus électoraux, n’auraient jamais pu se développer, progresser et prouver leur utilité.

Monsieur le Ministre, Excellences, Mesdames, Messieurs,

L’espace francophone a connu, quoiqu’on dise, d’indéniables avancées en matière de paix, de démocratie et de construction de l’Etat de droit. En deux décennies, les élections sont bien devenues la norme et l’absence d’élections, l’exception.

La multiplication des accords politiques de sortie de crise, grâce aux médiations et aux facilitations, ont réduit le nombre, l’ampleur et l’intensité des conflits. Il reste que de nouveaux défis ont surgi.

Les crises générées par des processus électoraux mal maîtrisés se sont multipliées, illustrant bien toute la complexité de la problématique de la légitimité politique dans les nouvelles démocraties.

De nouvelles formes de menaces contre la paix et la stabilité sont apparues, qui rendent plus difficile la résolution des crises et la consolidation de la démocratie. Nous devons en permanence améliorer nos modes d’intervention, innover et nous adapter à ces évolutions.

C’est là la principale leçon que je tire des travaux d’analyse et de réflexion que nous livrent ces deux ouvrages, et je vous encourage toutes et tous à vous y référer dans cet esprit constructif.

Je vous remercie.

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