Organisation internationale de la Francophonie
Discours de M. Abdou Diouf - Paris, le 18 mars 2011

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Discours de M. Abdou Diouf - Paris, le 18 mars 2011

Discours prononcé par le Secrétaire général à l’occasion de l’inauguration officielle du siège de l’Organisation internationale de la Francophonie

Monsieur le Président de la République française,

C’était il y a un an, presque jour pour jour. Vous nous receviez au Palais de l’Élysée à l’occasion du quarantième anniversaire de la Francophonie. Évoquant le dossier de la Maison de la Francophonie, vous déclariez : « On me dit : c’est compliqué. Non, il suffit de le décider. » Dont acte, Monsieur le Président de la République. Vous l’avez décidé, et depuis lors tout est allé très vite, puisque nous inaugurons ces magnifiques locaux dont l’OIF a pris possession avec fierté et émotion, voilà quelques semaines déjà.

Et vous ajoutiez : « Vous avez clairement compris que pour moi, c’est un choix politique. Il s’agit de savoir si c’est une tradition, on se rencontre, on se congratule, et à peine parti, on s’oublie ; ou bien c’est tout autre chose, dans un monde qui a tant besoin qu’on imagine une nouvelle gouvernance, notre organisation a tout son avenir. » Ces paroles courageuses, bien loin de la langue de bois, ce témoignage de confiance, nous avaient enthousiasmés. Mais vous me permettrez, en ce jour si particulier, de vous dire, en mon nom propre, et au nom de tous les personnels, que nous sommes sincèrement honorés et heureux de vivre ce moment solennel, mais aussi festif, en votre présence, de vous dire, par-dessus tout, notre profonde gratitude, de vous dire, enfin, que nous n’oublierons pas ce symbole de l’investissement de la France au service de la Francophonie.

Car ce ne sont pas les pierres qui bâtissent la maison, mais les hôtes. Et en donnant une maison à la Francophonie, vous écrivez, Monsieur le Président de la République, une page inédite et déterminante de l’histoire de notre organisation. À cet égard, soyez persuadé que nous ferons le meilleur usage de cet espace que vous venez de visiter. Je n’ai pas seulement en tête le bénéfice indéniable que nous tirerons de notre regroupement sur un site unique. Je pense aussi à l’image véhiculée par ce nouveau siège, en France bien sûr, mais aussi auprès des autres organisations internationales, celle d’une organisation qui compte et sur laquelle on compte.

Je veux croire que c’était déjà le cas, mais cela va toujours mieux en le disant, et surtout en le montrant. C’est donc avec une confiance renforcée et une ambition renouvelée que la Francophonie continuera à agir et à exercer sa magistrature d’influence dans un monde, où, chaque jour un peu plus, le connu cède la place à l’inconnu, le prévisible à l’imprévisible, la stabilité à l’instabilité.

Nous continuerons à nous battre pour que triomphent, universellement, ces valeurs universelles que sont la démocratie, l’État de droit, les droits de l’Homme, pour que la solidarité internationale l’emporte enfin concrètement sur l’indifférence ou l’égoïsme, pour que le développement durable ne soit plus une promesse, mais la réalisation d’un droit, pour que l’intérêt général prime, en toutes circonstances, sur les intérêts particuliers de stratégie ou de puissance, pour que les silences complices ou les amitiés coupables cèdent devant l’intérêt et la dignité des peuples.

Nous continuerons à nous battre en français et en faveur du français, car ce que nous faisons, ce que nous disons, ce que nous revendiquons est indissociable de la langue dans laquelle nous le faisons, le disons, le revendiquons. Et je l’affirme sans complexe car je sais que nous sommes tous unanimes, ici, pour déclarer à la manière de Gandhi : « Nous ne voulons pas que notre maison soit murée de toutes parts, ni nos fenêtres bouchées, mais qu’y circule librement la brise que nous apportent les cultures de tous les pays ».

Cette Maison, nous la voulons largement ouverte sur le monde et au monde, mais aujourd’hui comme pour l’avenir, je tiens à vous assurer que cette maison est et demeurera, Monsieur le Président de la République, votre Maison.

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