Organisation internationale de la Francophonie
Message de M. Abdou Diouf - Paris, le 8 mars 2012

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Message de M. Abdou Diouf - Paris, le 8 mars 2012

Message du Secrétaire général de la Francophonie à l’occasion de la Journée internationale de la Femme

Mesdames,

« Les femmes portent la moitié du ciel », dit fort à propos le proverbe chinois. Aussi, en cette Journée internationale de la Femme, est-ce à vous, qui portez la moitié du ciel de la Francophonie, que je veux adresser mes voeux les plus chaleureux.

Porter la moitié du ciel de la Francophonie, c’est prendre, comme vous le faites, avec ô combien de compétence, d’énergie, de générosité, une part décisive dans le fonctionnement de nos institutions, dans la réalisation de nos programmes, dans la diffusion de nos idéaux.

Porter la moitié du ciel de la Francophonie, c’est prendre, comme le font des millions de femmes dans nos pays, une part décisive dans la vie économique, politique, sociale, culturelle, mais j’ajouterais aussitôt, à condition qu’on leur en laisse la possibilité ou la liberté.

Et c’est donc aussi vers toutes ces femmes que je veux, aujourd’hui, avec vous, me tourner. Vers toutes ces femmes, ces jeunes filles, ces petites filles à qui l’on refuse le droit à l’éducation et à la formation, Vers toutes ces femmes qui sont encore obligées de se battre pour faire reculer les jugements préconçus, les apriori, les discriminations de tous ordres, parce que les mentalités évoluent moins vite que le droit,

Vers toutes ces femmes qui, dans les régions les plus pauvres, bravent les obstacles avec courage et ténacité pour assurer le développement agricole et rural, améliorer la sécurité alimentaire, permettre la survie de leurs enfants, de leur famille,

Vers toutes ces femmes, victimes désignées des instincts les plus bas et les plus vils d’hommes qui ont perdu jusqu’au respect d’un corps qui porte et qui donne la vie, qui font du viol et des mutilations l’arme de guerre la plus lâche et la plus déshonorante qui soit.

Et pourtant, je veux partager, avec vous, mon optimisme et la conviction que, malgré les luttes difficiles qu’il reste à mener, malgré les régressions toujours possibles, nous sommes entrés dans une dynamique que rien ne pourra plus entraver.

Il sera bientôt révolu le temps où des centaines de millions de femmes étaient condamnées à observer, à se taire, à subir, parce que les femmes deviennent chaque jour un peu plus actrices de leur destin, activistes des droits humains, instigatrices du changement, pour elles-mêmes,

pour leur pays, à l’instar du rôle de premier plan qu’elles ont joué dans le déclenchement des révolutions arabes et qu’elles entendent jouer sur la voie de la démocratisation, mais aussi pour la planète toute entière.

Les femmes sont décidées, non seulement à porter la moitié du ciel, mais aussi à le vider de ses nuages et de ses orages. Elles sont de plus en plus nombreuses à le faire savoir, et à vouloir partager, entre elles, ce projet d’avenir, sans considération de culture, de langue, ou de religion, mais aussi avec tous ceux qui ont choisi d’éclairer notre horizon.

Dans la diversité de vos fonctions et de vos missions au sein de l’OIF, de l’APF, de l’AUF, de TV5Monde, de l’AIMF, de l’Université Senghor, de la CONFEMEN, de la CONFEJES ou de la société civile, vous contribuez toutes à ce grand dessein. Et c’est aussi cet engagement que je souhaite, en cette Journée, célébrer avec vous.

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